Halte à toutes les attaques, réouverture des universités

En pleine crise sanitaire, le gouvernement continue de fermer des lits et des services d’hôpitaux dans toutes les régions, par exemple la fusion des hôpitaux Bichat et Beaujon dans un hôpital unique en région parisienne (après les fermetures du Val de Grâce et de l’Hôtel-Dieu) aboutira pour l’AP-HP à la suppression de 400 lits et de 1000 postes de travail.

Le gouvernement est ainsi le principal responsable de la poursuite de la crise sanitaire, face à laquelle il a adapté son discours culpabilisant aux moyens que le Service Public n’avait plus, de par sa faute : on se rappelle des masques qui ne seraient pas nécessaires ...

Depuis un an, cette crise a été l’occasion pour le gouvernement d’instaurer l’État d’urgence sanitaire, véritable état d’exception qu’il prolonge régulièrement et qu’il utilise pour accélérer son offensive contre tous les acquis et droits fondamentaux des salariés.

Comme les autres secteurs de la fonction publique, nous subissons la mise en œuvre de la loi de transformation de la publique d’août 2019. Avec les nouvelles lignes directrices de gestion (LDG) qui découlent de cette loi, les CAP n’ont plus qu’un rôle mineur, les prérogatives les plus importantes, la mobilité et surtout les promotions et les avancements sont entre les seules mains de l’administration. Pour les promotions et avancements des ITA et des BIATSS, notre ministère met en place des collèges d’experts. Ces experts sont aux ordres de l’administration et ne peuvent qu’appliquer : il est clair qu’il s’agit de donner une apparence d’objectivité à des décisions qui seront forcément arbitraires.

Après avoir signé avec certaines organisations syndicales un protocole d’accord sur les rémunérations et les carrières lié à la loi de programmation de la recherche (LPR), le gouvernement a promulgué la LPR le 24 décembre 2020. FO ESR en revendique l’abrogation et en combat chacune des mesures de contractualisation, de précarisation et de limitation de la liberté de recherche.

FO ESR refuse la suppression de la qualification par le CNU pour devenir Professeur des Universités, et combattra - au niveau national comme dans chaque université - contre l’expérimentation du recrutement des maîtres de conférences sans qualification par le CNU.

Au nom de la crise sanitaire, ce ministère a organisé l’expulsion des étudiants des universités et freine des quatre fers leur retour. Les dégâts pour les étudiants sont considérables, que ce soit sur le plan social ou pour l’acquisition des connaissances. Malgré cela, ce gouvernement n’autorise au plus que 20 % des enseignements en présentiel, alors qu’il sait que nombre d’étudiants ne reviendront pas payer un loyer près de leur université pour juste un jour par semaine.

La colère des personnels s’est encore aggravée avec les propos de la ministre Frédérique Vidal concernant l’islamo-gauchisme à l’université et sa demande d’enquête alors qu’elle refuse de répondre aux revendications.

Les personnels résistent, de même que les étudiants, dans des conditions difficiles notamment concernant les réunions en présentiel, que le premier ministre veut interdire de fait avec la limitation à six personnes. Leur résistance passe aussi par la désobéissance et surtout le contournement des directives ministérielles, pour arriver à avoir le maximum d’enseignement en présentiel.

A l’échelle nationale, FO ESR a aidé à ce que cette résistance s’exprime dans des initiatives intersyndicales, notamment lors de la journée du 26 janvier. Nous ne pouvons que regretter que l’unité de ce front FO, CGT, FSU, SUD, gage de l’efficacité, est remis en cause par certains qui conditionnent la revendication de réouverture à l’obtention de moyens et qui aujourd’hui n’en parlent que pour la rentrée de septembre !

Dans ce contexte, FO ESR maintient sa position pour la réouverture immédiate des universités et établissements avec les moyens nécessaires, notamment en postes.

Comme vous pourrez le voir dans ce Journal, FO ESR est présent sur toutes les questions auxquelles sont confrontés les personnels, avec par exemple le dossier sur le télétravail et le télé-enseignement ou le communiqué concernant les centaines d’agents du CROUS bloqués au SMIC.

Aujourd’hui comme hier, il faut renforcer le syndicalisme libre et indépendant, le syndicalisme Force Ouvrière, pour organiser le combat pour faire reculer le gouvernement. C’est d’autant plus nécessaire qu’il faut, comme le dit en page 5 la résolution de la CEF concernant les élections professionnelles, Construire, dès maintenant, le vote Force Ouvrière aux élections professionnelles 2022 !

Gilles Bourhis, co-secrétaire général.