Contre toutes les attaques, notamment la LPPR et le distanciel
Défense de l’enseignement supérieur et de la recherche, défense des personnels

L’interdiction de manifester imposée par le gouvernement sous couvert d’état d’urgence n’a heureusement pas réussi à empêcher les syndicats FO de revendiquer et les salariés de participer à de nombreux rassemblements et manifestations. Les manifestants n’ont pas attendu que le Conseil d’État ne rétablisse finalement le droit de manifester le 13 juin, jour même de manifestations importantes contre le racisme et les violences policières.

L’état d’urgence et ses ordonnances n’ont en rien répondu à nos demandes de protection contre la maladie, après le manque de masques, le gouvernement n’a pas voulu du dépistage de masse. Par contre, avec cet état d’urgence, on nous a confinés, on nous a obligés au télétravail, à l’enseignement à distance, on nous a volé des jours de congés, on n’a pas remboursé toutes les dépenses induites par le télétravail, on s’est moqué de nous avec une prime pour une infime minorité.

Notre ministre nous a remerciés, congratulés. Dans le même temps, elle a lancé deux attaques frontales contre l’enseignement supérieur et de la recherche et ses personnels.

Alors que le ministère avait refusé pendant des mois de nous donner le texte du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), la ministre a décidé de précipiter le calendrier en faisant examiner le projet de loi dans diverses instances consultatives dans l’objectif de le faire adopter en conseil des ministres, probablement le 8 juillet.

Dans l’unité avec d’autres syndicats, nous avons, par des communiqués et des initiatives, combattu ce passage en force, et mis en avant la revendication d’abandon ou de retrait, nous démarquant de ceux qui prônent une renégociation pour une bonne LPPR. Ainsi dès le 12 juin, nous étions présents lors du rassemblement non autorisé place de la Sorbonne, comme nous étions présents lors des rassemblements suivants. En province, nous avons aussi participé aux initiatives contre la LPPR.

FO ESR est aux côtés des personnels qui continuent de se mobiliser face aux manœuvres du ministère qui cherche à profiter des conditions de sortie progressive du confinement et de la fin de l’année universitaire pour imposer ce passage en force.

La ministre et les présidents d’université ont également profité de cette période pour tenter d’imposer un changement radical à la rentrée en imposant l’enseignement hybride, à savoir une partie d’enseignement en distanciel, une partie en présentiel.

C’était sans compter sur le vécu des collègues qui ont expérimenté de force l’enseignement à distance et qui n’en veulent plus ! De multiples initiatives ont vu le jour, pétitions, appels, motions, tribunes, pour s’opposer à ce que prépare le ministère et la plupart des présidents d’université. FO ESR a fait connaître et soutenu ces initiatives.

Comme syndicat, nous avons pris nos responsabilités. Dès le 25 mai, nous avons demandé la réouverture des universités. Depuis, FO ESR combat sans relâche pour que les personnels puissent revenir sur leur lieu de travail avec la protection sanitaire nécessaire et pour que le ministère abandonne son projet d’enseignement hybride à la rentrée. Outre les communiqués, nous avons interpellé directement la ministre au CNESER et par courrier. Dans les rassemblements contre la LPPR, dans ses interventions, FO ESR a fait le lien entre la LPPR et la rentrée que veut nous imposer le ministère : c’est la même politique de destruction du service public et des statuts.

Par ailleurs, nous n’oublions pas la protection des personnels. Ainsi à Strasbourg, nous sommes à l’initiative d’un courrier au Président qui demande à la fois la préparation d’une rentrée en présentiel et le dépistage massif des personnels et des étudiants.

Plus que jamais, il nous faut défendre toutes nos revendications, notamment l’abrogation de Parcoursup et le maintien des DUT et IUT, l’augmentation de la valeur du point d’indice, la création des postes nécessaires, l’abandon de la réforme des retraites, etc.

Dans cette période, la construction du syndicat a été perturbée. Mais de nouveaux collègues nous ont rejoints, le syndicat est resté présent pour la défense des droits des collègues à tous les niveaux. Pour la défense des revendications, proposons l’adhésion, renforçons le syndicat !

Gilles Bourhis, co-secrétaire général.