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FO ESR

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Généralisation du repas à un euro : un repas… pour faire avaler un budget de guerre

L’annonce du repas à un euro pour tous les étudiants a été présentée comme étant une extraordinaire avancée sociale. FO ESR est naturellement favorable à des œuvres universitaires et sociales (bourses, repas, logement) les plus favorables possibles pour les étudiants. Mais la mise en œuvre de cette annonce ne prévoit aucune des mesures indispensables pour les CROUS : ni recrutement massif de personnels, ni investissements matériels, financiers et bâtimentaires.

L’amputation du programme budgétaire consacré à la vie étudiante (programme 231) est d’ailleurs maintenue : - 100 millions d’euros !

De l’aveu même de la présidente du CNOUS, aucun moyen supplémentaire !

La présidente du CNOUS a réuni en urgence les organisations syndicales. Elle a reconnu elle-même que « les CROUS n’ont pas les moyens d’assumer le repas à 1€ pour tous », qu’il ne fallait pas s’attendre à des créations d’emplois, qu’il ne fallait pas compter sur une hausse du plafond d’emplois du réseau… Tout se ferait donc à effectifs constants, au détriment une fois encore de la santé et de la sécurité des agents (épuisement professionnel, RPS, maladies professionnelles…). Elle a d’ailleurs proposé de « réduire la voilure » en évoquant la possibilité d’arrêter les prestations exceptionnelles, la restauration administrative et même les repas du soir !

Un budget largement sous-dimensionné !

Les estimations de financement de la mesure ont été chiffrées à 90 M€/an... et ne seront financées qu’à hauteur de 30 M€. Ce budget sera loin d’être suffisant pour faire face à la forte poussée de la fréquentation des structures CROUS à compter de mai 2026 (estimée au minimum entre 15 et 25 %).

Ceci enfoncera encore les CROUS dans le sous-financement auquel ils sont condamnés depuis de nombreuses années, entre autres du fait de la non compensation de la différence entre le coût réel du repas (à presque 9 €) et le repas au tarif subventionné de 3,30 €.

Des personnels à nouveau sacrifiés

Concernant les besoins humains pour faire face à l’inévitable vague d’augmentation de la fréquentation (dès mai 2026, et plus encore à la rentrée de septembre), la présidente du CNOUS le dit elle-même : il ne faut pas compter sur une hausse du plafond d’emplois du réseau !

Dans ce contexte de blocage du plafond d’emplois, FOESR a été le seul syndicat à s’inquiéter du risque plausible de faire peser sur le secteur de l’hébergement (et de ses agents) des redéploiements d’ETP (équivalents temps plein) pour couvrir les besoins urgents de la restauration (ex. : disparition des postes d’agents de veille & d’agents de sécurité).

Pour FOESR, il serait parfaitement inadmissible de faire peser le poids de rafistolages budgétaires sur le dos des agents de résidences déjà largement en souffrance dans tous les CROUS !

FO ESR ne rentrera pas dans l’Union sacrée de la direction du CNOUS

Le ministre de l’ESR Baptiste « remercie » en toute hypocrisie les personnels pour leur engagement et leur dévouement.

En même temps, la présidente brandit la menace d’un avenir terrible pour les CROUS si le budget n'était pas au rendez-vous : "explosion" des équipes, structures qui risqueraient de "tomber", fin des CROUS "dès 2027" (sic !). Comme le budget n'est pas au rendez-vous, ceci revient à dire que les personnels doivent encaisser le choc. Elle invoque la « responsabilité collective » qui devrait motiver les personnels et leurs syndicats. Elle appelle donc en termes à peine voilés à une sorte d’ « Union sacrée » en défense des CROUS.

FO ESR n’est pas dupe de ce discours. « Faire les poches » des postes en hébergement ? Dégrader encore plus la santé et de la sécurité des personnels ? Renoncer à la qualité du service à l’usager ? Pour FOESR, c’est non à l’ « Union sacrée » !

Personnels, étudiants : tout le monde perdant !

La mise en place du « repas à 1€ pour tous » ne peut se faire que si les conditions humaines, matérielles et financières permettent d’assurer de bonnes conditions de travail des personnels et un bon accueil des étudiants. Alors que trop d’étudiants, y compris prioritaires (boursiers et en difficulté) n’arrivent déjà pas à accéder à la restauration compte tenu de la longueur des files d’attente, l’allongement engendré par le « 1 € » va empirer encore la situation.

Les étudiants ne s’y trompent d’ailleurs pas, qui ont bien vu que la pression à laquelle étaient déjà soumis les CROUS risquait de rendre inapplicable cette mesure.

Et pour FO ESR, il est hors de question qu’une fois de plus les personnels (tous secteurs confondus) soient la variable d’ajustements budgétaires.

Dans le discours même où il annonce le repas à 1 € sans aucun moyen supplémentaire pour les CROUS, le Premier ministre annonce en effet un nouvel « effort considérable » pour les armées ! Pour les CROUS, on parle de quelques dizaines de millions d’euros ; pour les armées, ceci se chiffre en dizaines de milliards d’euros. Le désengagement accru de l’État, dans les CROUS comme dans la plupart des services publics, trouve ici son explication.

FO ESR ne se rangera pas derrière la présidence du CNOUS.

Pour FO ESR, pour garantir le bon accueil des étudiants, les CROUS sont à renforcer :

-> dégel du plafond d’emplois, recrutement massif de personnels

-> investissements matériels, financiers et bâtimentaires à la hauteur de toutes les missions des CROUS !

FO ESR, en toute indépendance, aidera les collègues à faire face à ces attaques renouvelées, y compris par la grève !