Un budget 2016 trop court qui en dit long
Le début d’année est traditionnellement celui des échanges de vœux, mais il est hélas aussi pour nous celui des constats : si tout un chacun peut formuler de légitimes espérances concernant l’avenir, l’année 2016 de l’enseignement supérieur est en revanche d’ores et déjà largement contraint par le budget qui lui a été alloué.
L’affichage du Gouvernement, comme toujours, se veut flatteur : le budget alloué à l’enseignement supérieur augmenterait de 165 millions d’euros. En réalité, devant l’ampleur des protestations, l’Etat a dû renoncer à ponctionner de nouveau, de 100 millions d’euros en 2016, le fonds de roulement des universités (comme il l’avait fait en 2015). Mais renoncer à détrousser quelqu’un n’est pas lui faire un cadeau ! Quant aux 65 millions restants, ils sont dégagés grâce à des économies réalisées sur l’immobilier universitaire.
Ainsi, contrairement à ce qui est affirmé, l’enseignement supérieur n’est pas une priorité. D’autant plus que le gouvernement, année après année, ne respecte pas le budget voté par la représentation nationale. Face à des moyens qui sont, en réalité et une fois dissipé le nuage de fumée des discours gouvernementaux, « stables », les charges que nous devons assumer et les défis que nous devons relever sont toujours plus lourds.
Par ailleurs, plus du tiers des possibilités de créations d'emplois sont réservées aux COMUE ! Ne doutons pas que celles-ci ne seront pas "gelées"...
Faut-il rappeler qu’à la rentrée 2015, nos universités ont dû accueillir 45000 étudiants de plus, cet afflux pesant en particulier très durement sur quatre filières (droit, psychologie, STAPS et médecine) ?
Faut-il rappeler que la formation des COMUE génère des frais importants et des complexités qui accablent les personnels administratifs ? Une spirale bureaucratique devenue incontrôlable pèse lourdement sur les conditions de travail des personnels. Le toujours plus avec toujours moins est devenu ingérable.
Faut-il souligner encore qu’aux effectifs en augmentation s’ajoute la charge croissante de nouvelles contraintes et de nouvelles exigences pour des enseignants-chercheurs déjà singulièrement dépourvus de moyens et obligés pour une grande partie d'entre eux d'aller quémander des budgets et remplir des dossiers interminables pour des résultats très souvent aléatoires ?
Pour financer les décisions du gouvernement, il manque encore plusieurs centaines de millions d’euros. Ce sont en réalité tous les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche en France qui vont les payer, par des contraintes alourdies et des conditions de travail détériorées. Bonne Année 2016.
Montreuil, le 8 janvier 2016
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